L’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint-Joseph
Le pèlerinage au mont Saint-Joseph – une tradition
Une tradition qui se perpétue : Le pèlerinage Terre et Mer
Les célébrations religieuses à l’Oratoire Notre-Dame-du-mont-Saint-Joseph
L’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint-Joseph
Les débuts
La construction de la chapelle
L’agrandissement et les autres développements
Depuis les années 1850, Carleton s’est forgé une réputation enviable en tant que lieu de villégiature estivale. En fait, la ville possède tous les ingrédients lui permettant d’assurer son développement et sa renommée: des plages, des prés, des coteaux, des montagnes et un port naturel. À n’en pas douter, le mont St-Joseph, avec ses 555 mètres d’altitude, contribue à consacrer Carleton comme destination pour les vacanciers séjournant en Gaspésie. Au sommet, les visiteurs sont en mesure de constater par eux-mêmes à quel point ils sont privilégiés. D’une part, le mont St-Joseph, faisant partie des monts Notre-Dame qui, eux, se rattachent aux Appalaches, offre une vue insaisissable sur la baie des Chaleurs. D’autre part, notons que le nord du Nouveau-Brunswick, l’embouchure de la rivière Ristigouche ainsi que la pointe Bonaventure y sont facilement repérables.
En juin 1868, Mère Marie-Anne-Marcelle Mallet, fondatrice des Soeurs de la Charité de Québec, se rend à Carleton en compagnie de Mère Saint-Louis. En plus d’aller visiter le couvent appartenant à cette congrégation religieuse, Mère Mallet profite de l’occasion pour rencontrer d’anciennes compagnes et pour gravir le mont Tracadièche afin d’y laisser une statue du Sacré-Coeur. Monsieur Wenceslas LeBlanc est la personne désignée pour montrer le chemin à cette pèlerine alors âgée de 63 printemps. Il semble qu’un sentier allant d’est en ouest de la montagne aurait été emprunté. Ainsi, Mère Mallet est l’une des premières personnalités à avoir souligné l’importance du futur mont saint Joseph dans la conscience des gens d’ici.
Depuis ce temps, le mont St-Joseph a toujours occupé et occupe toujours une place de choix dans la mémoire collective des gens de Carleton ainsi que des paroisses environnantes. Comme le dit si bien Micheline Leblanc dans son livre Un sommet de la foi à Carleton : «l’année 1878 marquera le début d’une longue collaboration entre la vie sociale ou communautaire et l’activité religieuse sur le mont St-Joseph».1 Cette même année, la Société Saint-Jean-Baptiste de Carleton y érige une croix de 23 pieds de hauteur. De plus, devant l’intérêt grandissant exprimé par la population, cette montagne, appelée jusque là Cap Ferré ou mont Tracadièche, se voit troquer son nom pour celui de mont St-Joseph en l’honneur du patron de la paroisse.
Puis, les années passent et la vieillesse semble vouloir s’emparer de la croix. En 1918, une statue de saint Joseph, située auparavant au-dessus de la porte centrale de l’église de Carleton, vient tenir compagnie à la croix, relançant ainsi l’activité religieuse sur la montagne. Cependant, en juin 1923, un événement assombrit quelque peu l’élan de foi des paroissiens lorsqu’un feu d’abattis s’étend sur toute la montagne. La paroisse riposte presque aussitôt par l’achat d’une nouvelle statue, l’ancienne ayant été abîmée par la chaleur, qui représente saint Joseph tenant l’Enfant Jésus sur son bras gauche, et dans sa main droite, un lys en fleur. À cet effet, un socle en ciment et un abri destinés à protéger la statue sont construits.
C’est à partir de ce moment que les pèlerinages sur le mont St-Joseph deviennent une activité populaire pour les gens de la région. «L’esprit religieux, une certaine curiosité naturelle et le sentiment de vivre une expérience de foi ont, de tout temps, animé les pèlerins».2 Puis, tout s’enchaîne avec l’avènement des années 1930, bien que les méfaits de la crise économique de 1929 s’étendent rapidement à l’échelle mondiale. En 1932, Monsieur Hector Laferté, alors ministre de la Colonisation, de la Chasse et des Pêcheries et vacancier habitué de Carleton, verse une somme de 1 000 $ qui servira à rendre le chemin de la montagne carrossable. Dorénavant, les gens sont en mesure de se rendre sur le sommet avec une voiture à roues, alors que les automobilistes y ont accès en 1934.
Néanmoins, c’est l’arrivée du curé Joseph-Grégoire-Clément Plourde à Carleton en septembre 1933, associée à son inébranlable fidélité à Saint Joseph, qui permettent de construire une chapelle sur le mont St-Joseph. Il est le premier prêtre qui manifeste un réel intérêt pour que la montagne devienne un lieu de pèlerinage permanent. Peu après son arrivée, le curé Plourde exprime son désir de mener les paroissiens et les paroissiennes sur la montagne pour y organiser un pèlerinage. La première messe sur la montagne a lieu le 6 septembre 1934 et ce premier rendez-vous annuel se solde par un franc succès. C’est là «le début d’une grande aventure pour Monsieur Plourde et les paroissiens de Carleton». 3
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La construction de la chapelle
De toute évidence, les efforts du curé Plourde portent fruit puisqu’en 1935, il obtient le feu vert de Monseigneur Ross, évêque de Gaspé, pour faire construire un oratoire sur le mont St-Joseph. Bien sûr, la construction d’une chapelle nécessite l’organisation de plusieurs activités bénéfices au profit de l’oratoire: représentations théâtrales, soirées de cartes, bazars, ventes de boutons souvenir, conférences et quêtes blanches servent à assurer la bonne continuation du projet. L’argent recueilli permet l’élaboration du plan de la future chapelle qui est dessiné par l’architecte Charles-A. Jean de la firme Blanchet et Jean de Québec, au coût de 120 $. Monsieur Plourde souhaite le soutien de la population afin de faciliter et d’accélérer la construction de la chapelle.
Grâce aux généreux dons des gens, John-J. LeBlanc, charpentier, est engagé pour assurer et maintenir le bon déroulement des travaux sur le chantier. À moins d’imprévus, on prévoit que deux mois seront suffisants aux travailleurs bénévoles logés et nourris sur place avant que les gens puissent admirer la chapelle. Le coup d’envoi est lancé le 28 juillet 1935 alors que les matériaux sont transportés jusqu’au sommet par des camions qui empruntent un chemin ayant une seule voie. Alfred LeBlanc, originaire de St-Jules, considéré comme l’un des meilleurs maçons de la région, entreprend les premiers travaux. Les pierres prélevées et taillées sur place sont assemblées selon le plan de l’architecte Charles-A. Jean. «C’est un véritable chantier de construction que nous voyons sur la montagne : un échafaudage en bois servant à monter les murs, un gros tas de roches attendant d’être taillées, un hangar pour les matériaux et les outils, une grande tente pour abriter les hommes, un camion, des barils, quelquefois des chevaux, des hommes s’affairant (…)».
À l’été 1936, on propose de faire construire un kiosque en bois rond qui permettrait aux pèlerins de se reposer une fois l’ascension de la montagne terminée. Toutefois, les efforts sont concentrés sur la décoration intérieure de la chapelle qui nécessite beaucoup de précisions, donc de temps. Enfin, le moment tant attendu se déroule le 21 septembre 1936, alors que la première messe célébrée dans la chapelle attire une foule considérable. Pourtant, la bénédiction de celle-ci n’est prévue que pour l’année suivante puisque les travaux intérieurs ne sont pas encore achevés. Pour des raisons qui nous sont inconnues jusqu’à ce jour, la bénédiction de la chapelle n’a pas lieu du vivant du curé Plourde. Cet événement ne se concrétisera que 22 années plus tard, soit le 1er mai 1958, après que Mgr Charles-Eugène Roy en eut fait la demande formelle à Mgr Paul Bernier, archevêque-évêque de Gaspé.
Le tout complété, la chapelle mesure 25 pieds sur 53 pieds. Elle possède une porte centrale sur la face sud, une porte de chaque côté à l’est et à l’ouest. Neuf (9) fenêtres en ogive viennent rehausser le cachet du bâtiment. Une petite statue de saint Joseph, située au-dessus de la porte principale, veille au grain et porte l’inscription «1935 ITE AD JOSEPH», qui signifie «Allez à Joseph». De plus, au sommet de la chapelle, on pouvait apercevoir une croix de granit. Enfin, une cloche est achetée chez C.-E Morrissette Ltée de Québec pour une somme de 50 $. Cette cloche, pour des raisons qui nous échappent, n’a jamais fini ses jours où elle le devait, c’est-à-dire dans un clocher. À l’arrivée de Mgr Roy à Carleton en 1950, il la trouve dans son emballage d’origine et il voit à la placer de façon à ce qu’elle puisse servir. Aujourd’hui, on retrouve cette cloche à l’intérieur de la chapelle, tout près de la porte centrale. Retour en haut
L’agrandissement et les autres développements
L’année 1955 marque une étape décisive dans l’élaboration de certains travaux sur le mont Saint- Joseph. D’une part, le tracé qui donne accès au sommet de la montagne est complètement modifié puisque l’on cherche à rendre le trajet plus sécuritaire. Tout est mis en place pour que l’élargissement du chemin soit possible, ce qui permet aux automobiles et aux autobus d’atteindre le sommet sans danger. D’autre part, Mgr Roy en profite pour suggérer la construction d’une résidence adjacente à l’oratoire. «Cette résidence, que Mgr Roy appelle l’Ermitage, permettra à un prêtre de demeurer sur place, d’y organiser un culte, d’assurer la messe quotidienne et d’y conserver le Saint-Sacrement».5
À n’en pas douter, l’année 1958-59 est également une année importante en ce qui concerne l’histoire de l’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint-Joseph. Dans un premier temps, Charles Houde, promoteur de la station de radio CHNC de New Carlisle, commence à répandre l’idée d’établir un poste de télévision dans la Baie-des-Chaleurs. Le chemin étant désormais acceptable et l’électricité étant installée depuis 1954, voilà que Charles-Eugène Roy persuade Charles Houde de considérer le mont Saint-Joseph comme l’endroit idéal pour y établir la station. Le 12 septembre 1958, le terrain situé à l’ouest de l’oratoire devient propriété de CHAU-TV pour la somme de 500 $. Cette année (1999), CHAU-TV fête ses 40 ans. Ainsi, à partir de 1959, la télévision s’avère le moyen par excellence pour diffuser la beauté unique et les différentes activités se tenant à l’oratoire.
« Le 16 août 1959 a lieu le transfert officiel et légal du domaine marial de la montagne à son Excellence Monseigneur l’Archevêque personnifiant la corporation épiscopale de Gaspé».6 Le terrain n’a jamais été acquis par la Corporation épiscopale lors des années qui ont suivi la construction de la chapelle. En fait, la transaction ne s’est effectuée qu’une vingtaine d’années plus tard et ce, pour la somme symbolique de 1 $ alors que Claude Landry, fils d’Héliodore, concède le terrain à Mgr Roy, le 15 septembre 1956.
En 1965, on agrandit la chapelle originale. «Cet agrandissement est nécessaire pour plusieurs raisons: augmenter l’espace réservé à l’assistance, installer des confessionnaux réguliers et accessibles, aménager un bureau où un prêtre puisse se tenir à certaines heures pour recevoir les pèlerins».7 Les parties est, ouest et sud de la chapelle sont agrandies alors que le magasin et le musée marial se situent au nord. L’expansion permet à l’oratoire d’accommoder environ 1 000 personnes de plus. Les portes sont en bronze; les verrières des fenêtres sont déplacées et complètent la nouvelle construction. D’autres verrières sont ajoutées. Bref, on ne parle pas seulement d’un agrandissement, on parle d’une modification majeure de l’architecture d’origine de la chapelle. L’aspect actuel de l’Oratoire date donc de cette époque.
La même année, les travaux qui ont eu lieu tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’oratoire prennent fin. Avec la présence d’un poste de télévision et l’augmentation de façon impressionnante du nombre de visiteurs, il devient nécessaire de procéder au pavage de cette route. Grâce à des aides gouvernementales, l’inauguration officielle de la route de l’oratoire est chose faite le 18 août 1963. Dorénavant, de la route 132 jusqu’à l’oratoire, le trajet est sécuritaire et nous réserve des paysages saisissants. Retour en haut
Les détails intérieurs de la chapelle et les œuvres d’art
Saint Joseph
Marie
La mosaique
La nef
La voute
Saint Joseph est relié de bonne heure à l’histoire de Tracadièche. En 1798, la première église du lieu est bénie solennellement sous ce vocable, à la demande du missionnaire Louis-Joseph Desjardins. Il semble que ce choix est alors fait pour souligner le souvenir du saint patriarche comme premier patron de la Nouvelle-France en 1624. Saint Joseph est associé plus tard au nom de la paroisse St-Joseph-de-Carleton, érigée canoniquement en 1860. À la fin du XIXe siècle, c’est au tour du mont Tracadièche (ou Cap Ferré) à perdre son nom au profit du saint. On l’appellera désormais le mont St-Joseph.
Outre une signification purement religieuse, la dévotion particulière portée à Saint Joseph s’explique par des conditions socioculturelles propres à Carleton. Étant une communauté maritime et agricole d’origine acadienne, il est tout à fait normal que Carleton s’approprie le culte porté à Saint Joseph. Dans la symbolique religieuse et la piété populaire, Saint Joseph est reconnu pour être le patron des charpentiers, des pêcheurs et des navigateurs, métiers pratiqués dans la région. Il joue aussi un rôle de protecteur en plus d’être le patron et le modèle du travailleur. Gardien de la maison de Marie, il est l’avocat des causes désespérées et patron de l’Église universelle et de la bonne mort.2
C’est la simplicité du personnage et sa grande accessibilité qui fait de Saint Joseph l’un des cultes les plus populaires et les plus célébrés dans toute la chrétienté. Il a obtenu un peu partout et rapidement la faveur des catholiques du monde entier. Comme le souligne Jean-Guy Dubuc, Joseph n’est ni docteur, ni scribe, ni instruit; c’est l’ouvrier qui travaille de ses mains. Joseph est le confident qui écoute, qui regarde, qui conseille. Il est celui que l’on peut approcher sans trop de gêne quand on veut parler à sa mère et à son enfant.3 C’est la personnalité même du saint qui a contribué dans une large mesure à l’expansion incroyable de sa dévotion.
Le culte dédié à Saint Joseph est le premier célébré sur l’ancien mont Tracadièche. Il l’est encore de nos jours, bien qu’ayant été fusionné à celui de la Vierge Marie, qui débute dans les années 1950. L’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint Joseph, comme son nom l’indique, combine en fait deux cultes, soit celui de Joseph et celui de Marie.
L’Oratoire contient toujours des oeuvres relatives à la dévotion à Saint Joseph. On peut ainsi voir, incrustée dans la niche centrale de la chapelle originale, une petite statue de Saint Joseph.
On peut également apercevoir à droite de l’autel, une grande statue de Saint Joseph. Elle le représente tenant l’Enfant Jésus sur son bras gauche et, dans sa main droite, un lys en fleur. Cette statue est amenée en procession sur le mont en 1925 et bénie à cet endroit le 27 septembre de la même année. Originalement, elle était située à l’extérieur de la chapelle sur un piédestal avec des colonnes et un toit. Mesurant plus de 6 pieds, elle est en bois recouverte de plomb, plaquée or. Elle bénéficie d’une restauration complète en 1997, grâce au don d’un généreux bienfaiteur anonyme.
Une troisième oeuvre fait référence à Joseph dans l’oratoire. Il s’agit d’un superbe tableau représentant Saint Joseph ouvrier et menuisier avec Jésus Enfant, ayant à leurs pieds le panorama de la Baie-des-Chaleurs et du village de Carleton. Cette peinture impressionnante située à droite de la chapelle a été peinte par Soeur Marie-de-l’Eucharistie (de son vrai nom Elmina Lefebvre, née à Carleton le 21 octobre 1862) des Soeurs de la Charité de Québec. C’est en 1935, à l’âge de 73 ans, qu’elle peint ce tableau, soit l’année même de la construction de la chapelle. Il est placé à l’intérieur de celle-ci l’année suivante. Comme sur la façade de la chapelle d’origine, on retrouve de nouveau l’inscription caractéristique «Allez à Joseph» dans le haut de la toile. La mauvaise orientation de la chapelle sur le tableau s’explique par le fait que Soeur Marie-de-l’Eucharistie avait peint la toile à Québec à partir des plans de l’architecte Charles- A. Jean. Elle n’avait pas, à ce moment, une juste idée de l’emplacement exact qu’elle allait prendre sur le mont une fois les travaux terminés. Cette petite anomalie donne un cachet particulier et original à ce tableau. Retour en haut
Le culte de la Vierge Marie à Carleton est beaucoup plus récent que celui de Saint Joseph. C’est Mgr Charles-Eugene Roy, curé de Carleton de 1950 à 1972, qui instaure ce culte au sommet du mont Saint Joseph, à la fin des années 1950. Cette dévotion particulière se situait dans le contexte de l’année mariale de 1954, qui fut célébrée un peu partout sur la planète. C’est d’ailleurs durant cette période qu’on entreprend plusieurs travaux importants tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la chapelle, et qui sont associés de près à la Vierge Marie. C’est à ce moment que le sanctuaire prend le nom officiel d’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint Joseph.
Tout comme pour Saint Joseph, la dévotion accordée à Marie est populaire à l’échelle planétaire. Elle occupe une place spéciale dans le culte des saints, en raison de sa maternité divine.4 Marie est saluée comme un membre suréminent et absolument unique de l’Église, en plus de posséder le titre de Reine de l’univers. Elle est honorée par l’Église d’un culte spécial. Depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de «Mère de Dieu» et les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins.Retour en haut
La Vierge Marie se retrouve dans plusieurs oeuvres à l’intérieur de l’oratoire. La mosaïque, située dans l’abside de la voûte, symbolise en triptyque 6 Marie à titre de Reine du monde. Elle est assise sur le globe terrestre, couronne sur la tête et sceptre royal dans la main gauche, symbole de sa royauté universelle. La pointe de son sceptre, fixée sur Rome, signifie que pour être orthodoxe, la dévotion à Marie doit être conforme aux enseignements du Souverain Pontife. À gauche, Marie est représentée sous la forme de Notre-Dame-du-Cap, vénérée comme «Notre-Dame-du-Canada» par la piété populaire. Elle apparaît debout sur le Canada : symbole de sa royauté canadienne. À droite, elle est représentée sous la forme de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe, impératrice et patronne des Amériques. Elle est debout sur le continent américain, symbole de sa royauté continentale.7 Cette dévotion particulière est originaire du Mexique. Le pape Jean-Paul II l’appelle aussi «l’Étoile de l’Évangélisation». La colombe qui apparaît dans la calotte de l’abside, c’est-à-dire dans la partie supérieure de la voûte, rappelle la collaboration de Marie avec le Saint-Esprit. Afin de présenter Marie comme reine dans son environnement, la mosaïque se doit de représenter la Cour céleste : le Père, le Saint-Esprit, symbolisé par une colombe et des anges. Son fils Jésus, situé tout en haut de l’oeuvre, perpétue son sacrifice de la croix. Complètement au-dessus de la mosaïque, on retrouve l’inscription «SALVE REGINA MATER NOSTRA», qui signifie «SALUT REINE NOTRE MÈRE».
Cette mosaïque, ainsi que le travertin non poli, furent conçus par une équipe de décorateurs de la compagnie Barsetti & Frères d’Orsainville en 1958. À cette époque, l’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint Joseph est le seul sanctuaire du monde où la royauté de Marie est ainsi symbolisée. Retour en haut
La nef de la chapelle mesure 38 pieds de longueur par 25 pieds de largeur. Le plancher est en partie recouvert de marbre et ses murs, de travertin non poli. Il y a deux petites statues en avant de la voûte. Celle de gauche représente Saint Jean-Baptiste, patron des Canadiens français. Elle fut donnée par M. Jean-Baptiste Leclerc et bénie le 2 août 1959 par S.E. Mgr Parent, Archevêque de Rimouski. Celle de droite représente Sainte-Anne, patronne du Canada, don de J.-A. Langlois. Elle fut bénie le 26 juillet 1959, jour de la fête de Sainte-Anne, par Mgr Charles Allard, originaire de Carleton. Sur les murs de la nef, encastrées dans le marbre, on peut apercevoir les stations du Chemin de la Croix en céramique et de style classico-moderne. Au-dessus de la nef,on peut apercevoir un tableau représentant Notre-Dame-de-la-Guadeloupe. Retour en haut
Les peintures qui décorent la voûte sont l’oeuvre de l’artiste peintre Gérard Marcoux de Carleton. On y retrouve une représentation des mystères du rosaire. Les groupes de mystères sont indiqués en français et en anglais . Les roses blanches, rouges et or symbolisent les AVE (i.e. salut, salutation angélique, prière que l’on adresse à la Sainte Vierge) et les lys représentent les PATER (premier mot latin de la prière).
Le terme rosaire, ou rosarium en latin, fait référence à l’image de la Vierge couronnée de roses. Les grosses perles qui forment les chapelets sont également appelées des roses. Le culte du Rosaire est apparu à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe, parallèlement au développement du culte de la Vierge.
Le culte marial est également présent sur les deux grandes verrières latérales de l’oratoire. Ces verrières représentent, de façon sommaire, les 15 principaux sanctuaires mariaux du monde. Ces vitraux donnent un raccourci historique des sanctuaires mariaux, indiquent leur universalité géographique et soulignent leur incidence avec Rome et le Concile Vatican II.
Les vitraux de l’entrée principale représentent pour leurs parts quelques facettes de la Vierge Marie. Le vitrail du centre évoque le Sacrifice de la Croix et de la messe. Celui de gauche la montre à titre de Marie Co-Rédemptrice et celui de droite comme Marie Médiatrice. Ces deux derniers termes, acceptés par l’Église, évoquent le rôle subordonné de Marie de part sa relation privilégiée avec le Christ.8
Finalement, on retrouve une statue de Notre-Dame-de-l’Assomption installée sur le toit de l’oratoire. Elle y est placée durant l’année 1954. Cette autre figure témoigne encore là de la présence importante du culte marial à l’oratoire. Retour en haut
Le pèlerinage au mont Saint-Joseph – une tradition
Les pèlerinages ne datent pas d’hier. Jérusalem, Rome et Saint-Jacques- de-Compostelle (Espagne) attirent les pèlerins depuis des siècles et sont encore aujourd’hui fort populaires. Au Québec, l’ère des pèlerinages commence avec Sainte-Anne-de-Beaupré, à la fin du XVIIe siècle, suivi du sanctuaire de Notre-Dame- du-Cap (Cap-de-la-Madeleine) qui remonte à 1714.1 Toutefois, la majorité des lieux de pèlerinage québécois sont fondés entre 1840 et 1900 .2 Le sanctuaire de l’Oratoire Notre-Dame-du- Mont-Saint Joseph figure dans la catégorie des centres de pèlerinage diocésains ou régionaux.
L’ère des pèlerinages sur le mont Saint-Joseph débute en 1925, alors qu’on installe une grande statue de saint Joseph sur la montagne. À partir de ce moment, on se rend en grand nombre sur le mont afin d’aller rendre visite au patron de la paroisse. Avant 1940, la majorité des pèlerinages se font par l’entremise des paroissiens. Des groupes s’organisent et montent en récitant le chapelet et en chantant des cantiques. À cette époque, on gravit la montagne à pied. C’est souvent l’occasion idéale pour faire un pique-nique familial.
À partir de 1940, la forme du pèlerinage change quelque peu et se structure davantage. Ainsi, le curé de la paroisse organise plusieurs pèlerinages chaque année et encourage les curés des paroisses avoisinantes à s’y rendre avec leurs paroissiens. On célèbre alors la messe en plein air, près de la chapelle, car celle-ci est trop petite pour abriter une foule. Le pèlerinage, de par la diversité et le grand nombre d’exercices de piété qui y sont liés, constitue un élément important de l’ensemble des pratiques religieuses recommandées par le curé et sur lesquelles il compte pour stimuler la ferveur des fidèles.3
De nos jours, le pèlerinage à l’Oratoire Notre-Dame-du-Mont-Saint Joseph s’effectue de diverses façons. On y vient soit seul, en groupe, en famille ou en voyages organisés. Le site attire autant le croyant que le profane.
NOTES
1. http://www.tourisme.gouv.qc.ca/tourisme/français/tourisme/profils/toureligieux.htm Tourisme Québec: Le tourisme religieux, Le site touristique du gouvernement du Québec, Le tourisme religieux.
2. http://www.mcc.gouv.qc.ca/pamv/themes/synthese/50902 Sanctuaires et lieux de pèlerinage.
3. GAGNON, Serge et René HARDY. L’église et le village au Québec 1850-1930, Leméac, 1979, p. 92.
Textes tirés de l’ouvrage : Le Carnet du pèlerin rédigé pour la Corporation de gestion et de mise en valeur du mont Saint-Joseph par messieurs Pascal Alain et Sylvain Boudreau, agents de recherche. Mai 1999
Une tradition qui se perpétue : Le pèlerinage gaspésien Terre et Mer, édition 2008
Une retraite marchée
Un pèlerinage est, par définition, un voyage vers un lieu de dévotion dans un esprit de piété. Nous nous permettons d’ajouter « que chacun est libre de vivre à sa façon. » Cette définition demeure la pierre angulaire de notre projet qui en est à sa troisième édition. Le Pèlerinage gaspésien Terre et Mer a vu le jour en 2006 grâce à la générosité et à la détermination d’un groupe de Gaspésiens et Gaspésiennes et ce, en partenariat avec le diocèse de Gaspé.
Cette année, voici ce que nous vous offrons comme programmation:
- Tout d’abord, un départ symbolique à Listuguj, début du diocèse de Gaspé le dimanche 4 mai 2008 et marche jusqu’à l’église de L’Alverne.
- Par la suite, le tronçon développé cette année sera New-Carlisle - Percé. Le 7 juin, après la marche Anse-à-Beaufils - Percé, les pélerins sont conviés à une rencontre à Gaspé, suivi d’une messe à 19h00.
- Le 8 juin, les pélerins et la communauté gaspésienne sont invités à un rassemblement à 8h00 à la croix de Gaspé, pour un rituel. Par la suite, ils marcheront jusqu’au Sanctuaire de Pointe-Navarre, lieu de rencontre et de partage pour la fin de cette troisième édition.
Juin 2008
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1er |
New Carlisle - St-Godefroi | 18.8 km |
| 2e | St-Godefroi - Port-Daniel | 18 km |
| 3e | Port-Daniel - Newport | 20.6 km |
| 4e | Newport - Chandler | 15 km |
| 5e | Chandler - Grande-Rivière | 16 km |
| 6e | Grande-Rivière - Anse-à-Beaufils | 20.2 km |
| 7e | Anse-à-Beaufils - Percé | 9.4 km |
| 8e | Gaspé – Pointe-Navarre | 8.2 km |
Le comité organisateur, en collaboration avec les équipes de pastorale des paroisses visitées et avec plusieurs bénévoles, est en mesure d’offrir au gens d’ici et d’ailleurs une expérience spirituelle à l’intérieur d’une démarche structurée. Chacun a aussi la pleine liberté de vivre ce pèlerinage en autonomie totale sans aucune autre forme d’accompagnement que le chemin lui-même. Chacun y va à son rythme et selon le cheminement qu’il souhaite.
Nos objectifs sont de :
Qu’est-ce que cela peut m’apporter de participer à ce pèlerinage ?
C’est un moyen de prendre contact avec notre héritage parce que le pèlerinage était une forme de dévotion très populaire durant le siècle dernier. Il rappellera plusieurs souvenirs aux personnes de 50 ans et plus. Aux plus jeunes, il offrira un monde de découvertes. Pour tous les croyants, ce sera une activité sacrée qu’ils pourront partager entre dénominations chrétiennes.
En fait, nous sommes tous pèlerins. L’être humain naît pèlerin, étranger, perpétuellement en quête d’une vie meilleure. Ce pèlerinage est donc une belle occasion de s’intérioriser, de partager, de fraterniser et de vivre intensément le moment présent dans du décor propice à l’émerveillement.
L’invitation est lancée aux personnes de tous les âges, d’ethnies et d’orientation spirituelle variée. Un dépliant est disponible, lequel vous donnera un avant-goût de cette belle rencontre avec soi.
Pour renseignements, vous pouvez communiquer avec :
(418) 788-5798 - Ghislaine Arsenault, de Pointe-à-la-Garde
(418) 364-3573 - Micheline LeBlanc, de Carleton-sur-Mer
(418) 364-3173 - Raymonde Arsenault, de Carleton-sur-Mer
(418) 368-6490 - Patricia Leblanc, de Gaspé
(418) 368-2274 - Le Diocèse de Gaspé
Site internet du diocèse de Gaspé à la rubrique « Pastorale missionnaire »
www.gaspesie.net/diocesegaspe
Un formulaire d’inscription est également disponible dans toutes les églises visitées.
Célébrations religieuses à l’Oratoire Notre-Dame-du-mont-Saint-Joseph
26 juillet 2008, à 11 h - Messe en l’honneur de sainte Anne
17 août 2008, à 15 h - Messe de l’Assomption
1er septembre 2008, 11 h - Messe en l’honneur de saint Joseph, patron des travailleurs

